Epargne de précaution : est-elle vraiment nécessaire ?

L’épargne de précaution est un sujet éminemment complexe car elle fait appel à la situation personnelle de chaque investisseur, évoluant au cours de la vie, et celle-ci ne peut être simplifiée à un multiple du montant de dépenses mensuelles.

Epargne de précaution : quels objectifs ?

De manière très schématique, il s’agit d’un montant de liquidités rapidement disponible permettant de faire face à un imprévu ayant un retentissement financier et d’avoir parallèlement un matelas de protection qui aide à bien dormir.

Initialement, elle a pour objectif de pouvoir subvenir à des dépenses élevées imprévues : remplacement du lave-vaisselle, changement de voiture, gros travaux dans la résidence principale…

L’objectif est de ne pas avoir à recourir au crédit à la consommation : c’est le piège dans lequel il ne faut pas tomber car impossible de s’enrichir en organisant ses finances personnelles de cette manière.

Elle aide à bien dormir et c’est un point fondamental de gestion du tempérament en matière d’investissement. Un investisseur doit être en phase avec lui-même ; s’il considère qu’il doit avoir 1 an ou 2 ans de dépenses en épargne de précaution, il doit s’écouter car cela traduit une tolérance au risque moindre qu’un autre investisseur.

Epargne de précaution ou volet sécurisé du patrimoine ?

Il faut bien distinguer 2 éléments :

– L’épargne de précaution proprement dite servant à faire face à un imprévu à fort enjeu financier (cygne noir : faible probabilité de survenue mais conséquence potentiellement fâcheuse)

– Le volet sécurisé du patrimoine visant à financer des projets de vie coûteux (année sabbatique, passage provisoire à 80% ou 50% de temps de travail, prise d’un congé sans solde…) : le rendement du capital est faible mais l’investisseur recherche la sécurité en vue de consommer le capital à une date précise (et ne pas se mettre dans la situation de voir son capital fondre de 30% si placé en bourse au moment où il en aura besoin).

Faut-il vraiment une épargne de précaution ?

Tout dépend de la situation de chacun(e) !

Impact de la situation professionnelle de l’investisseur

Le point fondamental est d’évaluer sa situation professionnelle car toute la réflexion au sujet de l’épargne de précaution découle de celle-ci.
En effet, un salarié en CDI pourra se permettre une épargne de précaution nettement plus faible qu’un indépendant / professionnel libéral qui peut voir ses revenus chuter voire tendre vers 0 dans des situations particulières (cygne noir comme le Covid-19 avec son lot de fermetures administratives, lock-down de l’économie mondiale, pertes de clients…).
Pour les indépendants, il est important aussi d’évaluer la prise en charge financière des imprévus (selon les contrats) de la prévoyance individuelle ; l’épargne de précaution pouvant venir combler le gap entre la dépense à financer et le montant versé par l’assureur et pallier le délai de carence.
Le montant du salaire mensuel joue également un rôle majeur : plus le revenu est élevé, plus l’investisseur va pouvoir reconstituer rapidement sa poche de liquidités (ayant servi à régler les dépenses imprévues) grâce à une capacité d’épargne élevée. De ce point de vue, le montant de l’épargne de précaution devrait être plus élevé lorsque les revenus mensuels sont faibles.

Evaluer le type de patrimoine détenu par l’investisseur

Le deuxième point fondamental est d’évaluer sa situation d’investisseur.
Un investisseur ayant bâti un patrimoine quasi-exclusivement immobilier avec des immeubles de rapport, des locataires très nombreux, de la location meublée… va nécessairement provisionner une épargne de précaution bien plus élevée qu’un investisseur au patrimoine quasi-exclusivement financier (bourse, SCPI).
En effet, si plusieurs locataires se mettent à arrêter de régler les loyers, que plusieurs appartements sont concernés simultanément par des travaux, un changement de chaudière, un dégâts des eaux, de la vacance locative…il faut que l’investisseur puisse compter sur son matelas de liquidités rapidement disponible.

Impact de la situation familiale de l’investisseur

Le troisième point indispensable à prendre en compte est la situation familiale de l’investisseur. Est-ce que les revenus du foyer sont équilibrés entre les 2 membres du couple ou est-ce que le salaire/rémunération mensuelle d’un des deux représente 70% du revenu du foyer ? Le nombre d’enfants à charge est également un critère important à prendre en compte.

Le quatrième point est de se connaître soi-même : faire une évaluation objective des dépenses mensuelles en les séparant en 2 grands types. Les dépenses contraintes d’une part (nourriture, loyer, crédits, voiture, crèche…) et les dépenses discrétionnaires d’autre part (loisirs, voyages, habits, sorties…). Charge à l’investisseur d’évaluer quelles dépenses il souhaite « assurer » via son épargne de précaution.

Sur quels supports placer son épargne de précaution ?

L’épargne de précaution doit être facilement accessible : soit instantanément (livret A, LDDS…) soit en moins de 3 jours (fond euros de très bons assureurs avec contrats gérés en ligne).

Livrets réglementés : livret A, livret de développement durable et solidaire (LDDS), livret d’épargne populaire (LEP)…

Livrets d’épargne : CEL, PEL, comptes à terme.

Fonds euros de contrats d’assurance vie : si besoin, l’investisseur pourra effectuer un rachat partiel sur un de ses contrats avec un virement qui arrivera en quelques jours sur son compte-courant.


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Samedi 16 Mars 2024
9h – 18h


En dernier recours…pour les investisseurs avertis

Il est tout à fait possible d’opter pour une stratégie plus audacieuse que ce qui se fait d’habitude. Plutôt que de laisser trop de liquidités dormantes, l’investisseur pourrait décider de les placer en titres (PEA, CTO, AV…) pour que le patrimoine soit productif et si un besoin significatif en liquidités devait survenir, il serait en capacité de « tirer une ligne de crédit » en emprunter sur marge / mettant en garantie certains actifs voire en vendant quelques actifs en plus-value (selon les conditions de marché).
Cette stratégie est associée au risque de marché (si le besoin de liquidités survient en période de marché baissier, la valeur du portefeuille baisse également et un appel de marge peut survenir…).

Epargne de précaution trop importante : quels impacts ?

Coût d’opportunité

Les liquidités dormantes en quantité trop importante ne sont pas productives alors qu’elles auraient pu permettre l’achat de titres à bon compte (dont la valeur augmente avec le temps). Sur plusieurs années, des sommes non investies sur le marché boursier par exemple abaissent la performance globale du portefeuille et retardent l’atteinte des objectifs financiers.

Perte de pouvoir d’achat

L’érosion monétaire ne se voit pas sur un compte bancaire mais elle est bien présente. En valeur faciale les 40 k€ déposés sur livrets il y a 3 ans, n’ont plus du tout la même valeur réelle (corrigée de l’inflation) : l’inflation est un ennemi invisible terriblement puissant !

Impact psychologique

Certain(e)s pourraient être tenté(e)s de dépenser le capital important laissé « en réserve ». Le meilleur moyen de ne pas céder à la tentation c’est que ce capital soit investi (moins accessible, barrière psychologique limitant le retrait sur comptes dédiés à l’investissement).

Exposition au risque de faillite bancaire

Si une banque française (ou la filiale française d’une banque étrangère) venait à faire faillite (et attention à la tentation de croire que toutes les banques sont « too big to fail »), l’investisseur pourrait perdre une partie non négligeable de ses avoirs bancaires.
Un fond de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) a été mis en place pour indemniser les épargnants dans un délai de 7 jours mais pas pour l’ensemble de leur capital : le plafond d’indemnisation est de 100 k€ par personne par établissement bancaire, quelque soit le nombre de comptes.
C’est aussi pour cela, qu’une bonne gestion patrimoniale passe par la nécessité de déposer ses liquidités dans plusieurs banques différentes.

Laisser dormir trop de liquidités, c’est augmenter inutilement son exposition à ce risque. Il vaut mieux faire travailler le capital qui dépasse le montant fixé pour l’épargne de précaution.

A noter que le livret A, le livret de développement durable et solidaire et le livret d’épargne populaire sont garantis par l’Etat lui-même et non par le FGDR (les sommes qui y sont placées ne rentrent donc pas dans le plafond des 100 k€).

L’investisseur averti aura pris soin de noter que les liquidités sur le compartiment espèces de son PEA et de ses comptes-titres est compris dans les 100k€ (diminuant d’autant le montant d’indemnisation de ses comptes courants, PEL, CEL, comptes à terme…)

Aparté sur la gestion de son PEA : pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur les stratégies à mettre en place, les méthodes d’investissement et les supports à choisir pour performer sur le long terme : tous les détails sont ici !

En conclusion…

Déterminer que l‘épargne de précaution doit représenter 3 ou 6 mois de dépenses n’est pas la bonne manière d’appréhender ce sujet : il faut se poser les bonnes questions concernant sa situation personnelle (professionnelle, familiale et type de patrimoine détenu). De cette analyse personnelle, découlera le montant nécessaire à mettre de côté. Pour certains, ce sera 3 mois de dépenses mensuelles, d’autres 12 mois et ce montant évoluera en fonction de la situation de l’investisseur.


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